Le vrai profil du chineur

Dressé pour éplucher la presse locale, le chineur est toujours équipé d'une carte routière balisée au stabilo pour ratisser la région.

Le chineur est un animal solitaire, souvent nyctalope, qualité indispensable pour les nuits de chine et les fouilles à 5h du matin.

Il emplit ses poches de pièces de 10 F et de billets de 50 F, de sacs en plastique roulés en boule, voire de papier-bulles, de lingettes rafraîchissantes piquées dans les avions et s'habille mal pour éviter le prix à la tête du client.

Il n'aime rien tant que déstabiliser le vendeur en faisant semblant de s'intéresser à une horreur alors que l'objet de sa convoitise est à l'opposé de l'étal, ceci pour en tirer un bon prix.

Le chineur fuit comme la peste les particuliers imbus de leur marchandise et glapissant 'il m'en faut 250 francs'.

 

  Le chineur méprise les vendeurs qui écoulent leur marchandise très abîmée en se retranchant derrière des marques ou des signatures, tout en pratiquant des prix éhontés relevés dans les argus officiels. Le chineur hait les argus.

Le chineur part toujours sans idée préconçue mais est suffisamment prévoyant pour organiser le rapatriement d'une grosse pièce de rencontre (chariot à roulettes, couvertures et tendeurs dans la voiture).

Le chineur évite les heures de pointe et les après-midi encombrés de familles et préfère évidemment la fine pointe de l'aube, sinon, décidément roublard, les fins de matinée ou de journées pluvieuses quand le marchand est au bord de la crise de nerfs et préfère se séparer de ses trésors imbibés d'eau plutôt de les remballer. 
 

un Chineur